L’ennéagramme, c’est facile?

Je participe à un groupe facebook consacré à l’ennéagramme. De nombreux néophytes y participent, ce qui démontre l’intérêt que suscite cette discipline. De nombreuses personnes se posent des questions sur leur ennéatype, ce qui est bien sûr légitime. Malheureusement, beaucoup cherchent des réponses rapides, en glanant ici ou là des connaissances superficielles sur le modèle; ou bien elles remplissent (parfois en payant!) des questionnaires qui valent ce qu’ils valent. On touche ici aux limites de l’auto-connaissance!

Hier, une personne était perdue entre ses lignes d’intégration et ses ailes. Je lui ai répondu sur la hiérarchie des centres. Il y a eu quelques réponses (à mon intervention) comme quoi c’était un outil bien compliqué… Que répondre? Eh bien, oui, c’est compliqué! Rester en surface est assez simple: « je suis de type tant, alors je fonctionne comme çà ». Bon… C’est oublier, ou méconnaître, que l’ennéagramme est un outil de progression, une voie d’élèvation et d’évolution, qui nécessite donc effort, approfondissement, remises en question, dont la justesse est proportionnée à sa profondeur et sa complexité. L’ennéagramme est un trésor qui ne se donne pas à l’Occidental(e) pressé(e). Il n’est pas une simple montre à cadran digital que l’on lit d’un coup d’oeil; il est la montre suisse dont le mécanisme nécessite attention et savoir.

D’ailleurs, quel bon outil est-il facile? Un ordinateur est-il facile d’utilisation, ou une voiture?

Sa transmission longtemps orale a permis d’éviter une dénaturation du modèle. La dissémination de connaissances partielles sur l’internet est, pour moi, source d’inquiétude. Dans une société où l’on veut du rapide et facile, l’ennéagramme utilisé (superficiellement) comme on utilise un guide de cuisine est à l’inverse de sa nature.

Jean-Luc Mélanchon

J’ai annoncé une analyse succinte des dernières élections présidentielles françaises. La lettre ouverte de Philippe Torreton hier, dans l’Obs, à Jean-Luc Mélanchon me donne une belle occasion de commencer par le leader de la France Insoumise! J’ai attentivement regardé un documentaire sur ce même JLM, passé récemment sur LCP, où l’on suivait l’home politique jusqu’aux dernières minutes de l’élection. Autant ce documentaire que la lettre de Torreton confirment le ressenti que j’avais en termes d’ennéagramme et de spirale dynamique. les deux outils apportent leur éclairage, chacun à sa manière, mais de façon complémentaire et convergente.

L’identification de l’ennéatype de M. Mélanchon n’est pas bien sorcière. Tout dans sa posture physique, sa manière de regarder, sa facilité dans le conflit, laissent entrevoir le 8.  Son langage va dans le même sens: si Jean-Luc Mélanchon est un fin lettré, il sait créer spontanément des formules violentes, insultantes ou méprisantes. A titre d’exemple, je me souviens de ce « virez-moi ces vermines » lors d’un accrochage avec un cadreur de télévision (JLM avait pris un petit coup de coude). Le mental fonctionne bien, aussi je pense qu’il réprime l’émotionnel.

La colère est toujours très présente et est assumée, l’excès n’est jamais loin, même si, durant le temps de la campagne, il avait réussi à montrer un visage plus serein et pacifié. J’ai lu un article qui racontait que, pour sa rencontre avec lui, Benoît Hamon avait demandé conseil à l’un de ses amis qui connaît bien le leader du Parti de gauche. Celui-ci lui avait répondu, en substance: « c’est simple, Jean -Luc ne connaît que les rapports de force. Ne te laisse pas faire et tout ira bien ». Et c’est ce qui s’est produit, Hamon a répondu à la première provocation de JLM: « tu sais à qui tu parles? » Le 8 a dès lors apprécié son interlocuteur!

Il n’est pas difficile, non plus, de reconnaître chez lui un fort sentiment de justice.

Ce que soulève la lettre de Ph. Torreton  (l’Obs, 23 septembre) concerne le mécanisme de défense: le déni. La lettre s’intitule: « on ne construit pas l’avenir sur un déni de réalité ». http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170922.OBS5054/torreton-a-melenchon-on-ne-construit-pas-l-avenir-sur-un-deni-de-realite.html. Je vous laisse lire. dans le reportage de LCP, on voit bien JLM refuser de reconnaître sa défaite, contester les chiffres, même plusieurs heures après les résultats. Plus tard, il rejettera la faute sur B. Hamon. Ce déni, on le voit aussi à l’oeuvre lorsqu’il s’agit du Vénézuela et, auparavant, de Fidel Castro. Les icônes politiques de M. Mélanchon sont des hommes « forts ».

Enfin, on appréciera l’obligation des députés de la France Insoumise d’une discipline de vote qui les oblige à tous voter la même chose, c’est-à-dire comme JLM…

Une petite citation d’Alexis Corbière, bras droit de M.Mélanchon, que je vous laisse méditer:

« Ce verbe, cette façon de parler, ce que ses opposants considèrent comme des outrances,  font partie de la part de création de Jean-Luc.

Une étude biographique plus précise donnerait probablement une foule d’illustrations. N’hésitez pas à nourrir ici cette petite analyse.

J’aborderai cette analyse sous l’angle de la spirale dynamique dans un prochain article.

Merci de votre attention.