Affaire Weinstein: un p’tit coup de Rouge?

Un peu d’actualité à chaud!

Harvey Weinstein, tout-puissant personnage de la galaxie hollywoodienne, vient de chuter. J’avoue que, il y a encore quelques jours, je ne le connaissais pas. Aujourd’hui, on en parle assez pour que tout le monde ait entendu parler de lui. Et qu’on puisse se faire une petite idée de son positionnement dans la spirale…

Vous savez que ce monsieur est un producteur de films à très gros budget, à Hollywood. Il fait un peu la pluie et le beau temps dans l’économie cinématographique et dispose d’un pouvoir colossal. C’est de ce pouvoir qu’il a usé auprès d’actrices célèbres, comme de jeunes filles novices, pour les obliger à des actes sexuels avec lui. Il utilisait également sans compter les services de call-girls dans tous les festivals auxquels il présentait des films, dont le festival de Cannes.

Plusieurs points nous renseignent quant à la spirale dynamique. Une impulsivité que rien ne vient limiter. Cet homme semble gouverné par ses impulsions, sexuelles bien sûr, mais pas uniquement.Le fait que son pouvoir lui permette de les satisfaire sur le champ est évidemment encourageant pour lui. J’ai en tête l’exemple de la Ferrari, lors d’un festival de Cannes:  » Comme par exemple, exiger à 3 heures du matin à la réception de l’hôtel une Ferrari, l’obtenir, ne pas venir la chercher finalement, et se plaindre le lendemain qu’elle soit de couleur rouge. » (l’Obs, 16 octobre).

L’impulsivité est donc couplée à la satisfaction immédiate de ses besoins ou désirs. L’insatisfaction, quand elle arrive, provoque un déchaînement de violence. Autre exemple (même article): 

« Mickaël Chemloul a été le chauffeur cannois de Harvey Weinstein pendant six ans. Et le 13 juillet 2013, c’est lui qui a été cassé :

« Harvey était furieux, parce que je n’avais pas trouvé les deux escort girls qu’il m’avait envoyé chercher dans une villa à Saint-Tropez. Il me hurlait dessus ‘stupid fucking driver !’, il m’a donné des coups pendant que je conduisais, a cassé mes lunettes, brisé un annulaire. On a failli avoir un accident. Je suis parti et j’ai déposé plainte. »

Il est capable d’établir des stratégies simples et à court terme pour obtenir ce qu’il veut lorsque la force et le pouvoir semblent insuffisants. Comme inviter une actrice dans sa chambre et sortir nu du bain lorsqu’elle arrive.

Enfin, il semble y avoir chez M. Weinstein aucun sentiment de culpabilité. Plutôt celui de vengeance (il a cassé des carrières).

Bien évidemment, tout nous indique un positionnement en niveau Rouge.

 

L’ennéagramme, c’est facile?

Je participe à un groupe facebook consacré à l’ennéagramme. De nombreux néophytes y participent, ce qui démontre l’intérêt que suscite cette discipline. De nombreuses personnes se posent des questions sur leur ennéatype, ce qui est bien sûr légitime. Malheureusement, beaucoup cherchent des réponses rapides, en glanant ici ou là des connaissances superficielles sur le modèle; ou bien elles remplissent (parfois en payant!) des questionnaires qui valent ce qu’ils valent. On touche ici aux limites de l’auto-connaissance!

Hier, une personne était perdue entre ses lignes d’intégration et ses ailes. Je lui ai répondu sur la hiérarchie des centres. Il y a eu quelques réponses (à mon intervention) comme quoi c’était un outil bien compliqué… Que répondre? Eh bien, oui, c’est compliqué! Rester en surface est assez simple: « je suis de type tant, alors je fonctionne comme çà ». Bon… C’est oublier, ou méconnaître, que l’ennéagramme est un outil de progression, une voie d’élèvation et d’évolution, qui nécessite donc effort, approfondissement, remises en question, dont la justesse est proportionnée à sa profondeur et sa complexité. L’ennéagramme est un trésor qui ne se donne pas à l’Occidental(e) pressé(e). Il n’est pas une simple montre à cadran digital que l’on lit d’un coup d’oeil; il est la montre suisse dont le mécanisme nécessite attention et savoir.

D’ailleurs, quel bon outil est-il facile? Un ordinateur est-il facile d’utilisation, ou une voiture?

Sa transmission longtemps orale a permis d’éviter une dénaturation du modèle. La dissémination de connaissances partielles sur l’internet est, pour moi, source d’inquiétude. Dans une société où l’on veut du rapide et facile, l’ennéagramme utilisé (superficiellement) comme on utilise un guide de cuisine est à l’inverse de sa nature.

Session d’étude avec Ken Wilber

Je vous transmets l’annonce d’Integral Life, qui informe d’une conférence fin décembre. malheureusement, ce sera aux Etats-Unis… Mais le contenu de cette conférence devrait être édité (en Anglais). Les réflexions de Wilber sur Trump et le monde post-vérité, sera édité lui-aussi. Bonne lecture à ceux qui lisent l’anglais!

 

Ken will be a featured presenter at this year’s What Now conference in Broomfield, CO from December 29th – January 1st. Click here for more details.

Ken Wilber offers an extensive presentation to help us better understand the evolutionary pressures that led to the rise of Trump and the backlash against progressivism, and offers his own ideas around the future of the global economy. This presentation was recorded during a private event at his loft in Denver, Colorado.

Over the next few weeks we will be releasing more installments of Ken’s presentation, as well as the full Q&A session he held with participants. Stay tuned!

A Note from Ken

These are truly extraordinary times. That is why I wrote and Integral Life distributed Trump and the Post Truth World — which Shambhala has decided to publish in book form. But thanks to all of you, the paper and the concepts it contains have gotten lots of traction inside and outside the Integral community. It seems that we have a tremendous opportunity to promote an Integral view in the cultural conversation moving forward. That is why I am now taking this next step in addressing the cultural unfoldings that are now surrounding us.

We are facing an unprecedented period of human history. There are so many factors that are at play that we really haven’t ever seen come together in this way. In part it has to do with the extraordinary leaps in technology, and in particular the unintended consequences those are causing. We never ever thought it would come from technology, but now we are starting to see the downsides. When a book is written called Throwing Rocks at the Google Bus, you get the idea that things are not going the way they’re supposed to.

Clearly we also have the election. We have the completely stunning victory of Trump, where if you look at it rationally over any number of demographics, ideas, reasons, and drives, there is no real reason this man should have gotten elected. However, there were factors that were at play that people tended to underrate, and those ended up being important. I have a factor myself that I think is extremely important, and that has to do with what happened at the very leading edge of evolution itself as it began to crash and get jammed up, and sent out messages that complicated the situation, to put it mildly. Trump ended up riding on some of those currents—not intentionally, Trump was just being Trump, mostly ego and ethnocentric and a little bit of worldcentric, and generally just somebody that was trying to dictate his own way and not really play nice with anyone.

What it always comes down to at some point is: what can I do? Given the situation that now exists, how can I contribute in even the smallest way, as well as some very big ways? And to the extent that I can contribute in making the future unfold in a more helpful, caring, compassionate way, that helps me get through this very difficult situation.

-Ken Wilber

Du Rouge dans les éco-quartiers!

Un article du dauphiné Libéré m’a un peu interpellé. Il concerne les difficultés grandissantes rencontrées par les polices municipales de la région grenobloise. La citation suivante me semble parlante. Il s’agit des paroles d’un policier.

« Le problème que l’on rencontre tient à cette mentalité de quartier. On sait que c’est compliqué de travailler dans certains quartiers difficiles, mais ce que l’on constate, c’est qu’il n’y a plus d’intervention anodine. Le fait que certaines familles ont été déplacées et relogées au centre-ville dans les nouveaux quartiers que sont Jean-Macé et Caserne-de-Bonne pose des problèmes dans ces quartiers. Parce qu’ils ont toujours cet état d’esprit de contestation de l’autorité et la fâcheuse habitude de vouloir établir sur ce qu’ils considèrent comme leur territoire leur propre loi et leur propre autorité. Et le simple fait de se trouver sur “leur territoire” et de veiller à l’application de la loi peut devenir source de problèmes et de confrontation. »

Quand le Rouge s’introduit dans les zones bleues ou oranges, voire Vert… La Caserne-de-Bonne est un éco-quartier, le premier de France je crois. Jean Macé est un nouveau quartier, très moderne, à l’architecture originale, privilégiant les modes de transport doux et des pratiques écologiques. Grenoble est une ville à forte tendance Vert et sa municipalité est composée de Verts et d’Insoumis. Autant dire que les notions de vivre ensemble qui régissent ces lieux sont dominées par la pensée Vert. Certains quartiers défavorisés, les fameuses cités, sont souvent à dominante Rouge.  La vie y est influencée par la domination de la Force masculine, les micro-sociétés de type mafieux où domine la loi du plus fort, où un nombre non négligeable d’habitants  ne se soumettent pas aux règles imposées par la société et où la figure du policier est une provocation. Bref, je ne vais pas décrire ce que tout le monde connaît déjà bien. Evidemment, sans vouloir réduire ces lieux, plus riches qu’on le croit souvent, à des caricatures (sinon le mème Vert va me tomber dessus!).

On le sait, dans la spirale dynamique, on ne saute pas un étage. On ne passe pas du Rouge au Vert directement! Le Vert ne le comprend pas, tout à ses intentions égalitaires. L’arrivée d’individus et de groupes de personnes dominées par le mème Rouge dans un cadre Vert impose à tous une incompréhension dommageable et dangereuse. L’intention peut paraître louable, mais elle n’est pas suffisante: il est nécessaire d’accompagner les Rouges et sans doute les Verts aussi dans leur cohabitation. Il est indispensable de proposer aux Rouges des raisons pour lesquelles ils accepteraient de sacrifier leurs envies et de maîtriser leurs impulsions, de remettre en cause leur manière de voir le monde au-delà du fort et du faible, de l’argent facile et de l’emprise de la testostérone. Autrement dit, une certaine forme de rap. Passer du gansgsta rap à Abd al malik ne se fait pas naturellement.

Jean-Luc Mélanchon

J’ai annoncé une analyse succinte des dernières élections présidentielles françaises. La lettre ouverte de Philippe Torreton hier, dans l’Obs, à Jean-Luc Mélanchon me donne une belle occasion de commencer par le leader de la France Insoumise! J’ai attentivement regardé un documentaire sur ce même JLM, passé récemment sur LCP, où l’on suivait l’home politique jusqu’aux dernières minutes de l’élection. Autant ce documentaire que la lettre de Torreton confirment le ressenti que j’avais en termes d’ennéagramme et de spirale dynamique. les deux outils apportent leur éclairage, chacun à sa manière, mais de façon complémentaire et convergente.

L’identification de l’ennéatype de M. Mélanchon n’est pas bien sorcière. Tout dans sa posture physique, sa manière de regarder, sa facilité dans le conflit, laissent entrevoir le 8.  Son langage va dans le même sens: si Jean-Luc Mélanchon est un fin lettré, il sait créer spontanément des formules violentes, insultantes ou méprisantes. A titre d’exemple, je me souviens de ce « virez-moi ces vermines » lors d’un accrochage avec un cadreur de télévision (JLM avait pris un petit coup de coude). Le mental fonctionne bien, aussi je pense qu’il réprime l’émotionnel.

La colère est toujours très présente et est assumée, l’excès n’est jamais loin, même si, durant le temps de la campagne, il avait réussi à montrer un visage plus serein et pacifié. J’ai lu un article qui racontait que, pour sa rencontre avec lui, Benoît Hamon avait demandé conseil à l’un de ses amis qui connaît bien le leader du Parti de gauche. Celui-ci lui avait répondu, en substance: « c’est simple, Jean -Luc ne connaît que les rapports de force. Ne te laisse pas faire et tout ira bien ». Et c’est ce qui s’est produit, Hamon a répondu à la première provocation de JLM: « tu sais à qui tu parles? » Le 8 a dès lors apprécié son interlocuteur!

Il n’est pas difficile, non plus, de reconnaître chez lui un fort sentiment de justice.

Ce que soulève la lettre de Ph. Torreton  (l’Obs, 23 septembre) concerne le mécanisme de défense: le déni. La lettre s’intitule: « on ne construit pas l’avenir sur un déni de réalité ». http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170922.OBS5054/torreton-a-melenchon-on-ne-construit-pas-l-avenir-sur-un-deni-de-realite.html. Je vous laisse lire. dans le reportage de LCP, on voit bien JLM refuser de reconnaître sa défaite, contester les chiffres, même plusieurs heures après les résultats. Plus tard, il rejettera la faute sur B. Hamon. Ce déni, on le voit aussi à l’oeuvre lorsqu’il s’agit du Vénézuela et, auparavant, de Fidel Castro. Les icônes politiques de M. Mélanchon sont des hommes « forts ».

Enfin, on appréciera l’obligation des députés de la France Insoumise d’une discipline de vote qui les oblige à tous voter la même chose, c’est-à-dire comme JLM…

Une petite citation d’Alexis Corbière, bras droit de M.Mélanchon, que je vous laisse méditer:

« Ce verbe, cette façon de parler, ce que ses opposants considèrent comme des outrances,  font partie de la part de création de Jean-Luc.

Une étude biographique plus précise donnerait probablement une foule d’illustrations. N’hésitez pas à nourrir ici cette petite analyse.

J’aborderai cette analyse sous l’angle de la spirale dynamique dans un prochain article.

Merci de votre attention.

Indiens d’Amazonie

J’ai récemment regardé un reportage (sur Arte): « les paradis perdus d’Amazonie ». Du point de vue de la spirale dynamique, c’était fascinant! Nous avions en images et presqu’en direct, le passage d’un niveau d’existence à un autre! En l’occurence, du Violet au Rouge.

A la frontière du Brésil et du Pérou, en pleine jungle amazonienne, sont installées des communautés indiennes sédentarisées. Côté péruvien, nous nous retrouvons dans un village d’Indiens habillés et ayant accès à certaines fonctionnalité modernes (alimentation, vêtements, soins…). le gouvernement est présent au travers de fonctionnaires spécialisés et d’un médecin. De l’autre côté du fleuve, c’est l’inconnu. On sait qu’il existe des communautés indiennes vièrges de contacts avec le monde extérieur. Au demeurant, le gouvernement péruvien interdit tout contact, afin de préserver ces tribus inconnues.

Mais, un jour, une centaine de jeunes hommes d’une tribu inconnue sort des bois et commence à traverser le fleuve. C’est filmé! En 2014, la tribuSapanahua, qui vivait jusqu’alors en autarcie dans la jungle, est sortie de son isolement. Quelques personnes du côté péruvien vont à leur rencontre, mais la langue des visiteurs est inconnue.  Leur leader est très véhément, s’énerve du fait qu’on le comprenne pas. Puis les jeunes hommes gens armés (armes traditionnelles) traversent le fleuve et envahissent le village et le pillent. Il y aura un mort (un enfant) côté « péruvien ». Les habitants n’opposent qu’une résistance verbale. Puis la plupart des jeunes indiens retraverse le fleuve avec les biens amassés. Certains restent, dont le chef. 

On trouve un traducteur qui comprend à peu près la langue, et le jeune chef explique que leur tribu est persécutée par les bucherons et braconniers blancs. Ils souffrent de la faim. Les jeunes ont donc migré, abandonnant sur place les plus âgés.

Que voit-on sous l’angle de la SD? Une tribu de type Violet rompt avec le violet en coupant le lien de parenté, de continuité générationnelle et géographique (abandon des vieux, migration). On voit le Rouge apparaître: les jeunes sont derrière un chef jeune et charismatique (force et soumission). Ils pillent en laissant pleine expression à leur impulsivité individuelle: on voit clairement un de ces indiens découvrant les vêtements  et objets dans une maison, « c’est quoi, çà? ». Il n’a aucune idée de ce que c’est, mais il dit: « il me le faut, c’est à moi! ». Et il s’en empare, malgré les protestations de l’habitant. C’est le « je veux, tout de suite, par la force » du Rouge. Impulsivité égocentrique.

Il serait intéressant, à présent, d’analyser le niveau des indiens « péruvianisés ». En tout cas, leur réaction a été de traverser le fleuve à leur tour, armés, et de casser toutes les armes des indiens d’en face. Ceux-ci se retrouvent ainsi sans armes et ont le plus grand mal à chasser. mais je ne vois pas vraiment de Rouge dans cette démarche, les tribus en Violet étant sujettes aux guerres tribales. Vraiment passionnant à visionner!